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Un kit Agirlocal, pourquoi

Produit éditorial
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Introduction au Kit AgirLocal, Le numérique au service des démarches environnementales de nos territoires

Un kit Agirlocal, pourquoi

 

Introduction

AgirLocal : un défi
La transition écologique est un enjeu majeur pour nos territoires ; la transition numérique est un ensemble de leviers produisant des transformations systémiques. Ces deux transitions contemporaines convergent peu : les stratégies sont cloisonnées, les cultures sont distinctes, parfois adverses.

Le défi "AgirLocal" du programme Transitions², porté par la Fing, vise à mobiliser la puissance du numérique au service de l’environnement sur les territoires. En effet, pour beaucoup, les questions écologiques, écrasantes à un niveau global, peuvent trouver des solutions locales, et celles-ci peuvent faire système : l’agir local est le pendant du penser global. Mais les nombreuses initiatives locales pertinentes sont encore très loin du compte.

Et si les dispositifs numériques s’avéraient utiles pour outiller et renforcer les dynamiques locales, les aider à se relier, faciliter la participation et l’efficacité ? Qu’il s’agisse d’énergie, de mobilité, de circuits courts alimentaires, de fabrication/réparation, d’Open Data, les exemples sont nombreux de potentiels encore insuffisamment exploités.

  • Comment le numérique peut-il enrichir la palette d’outils dans les stratégies de Transition écologique et énergétique des territoires ?
  • Dans quels champs les leviers numériques pourraient-ils faire avancer de manière radicale les stratégies de Transitions ?

C'est autour de ces deux questions que le défi AgirLocal a été fondé et que nous avons engagé nos travaux à l’automne 2015.

Le kit Agirlocal : un outil pour les territoires, à améliorer ensemble
Nos travaux ont rapidement convergé vers la production d’un kit, à mettre à l’épreuve des territoires eux-mêmes. Il s’agit à la fois de partager la connaissance d’expériences locales dans différents domaines environnementaux et d’aider à la construction de démarches : formuler les enjeux, repérer les acteurs, identifier les écueils, trouver un chemin.

Ce kit pourra être pris en main par tout acteur territorial, pour peu qu’il souhaite travailler avec les autres et puisse se mettre en position d’activer une dynamique collective : institutionnel ou associatif, numérique ou environnemental, expert ou simple citoyen. Nous espérons par exemple que des porteurs d’agendas 21, des collectifs numériques, des conseils de développement, des acteurs des "Communs", des élus, des innovateurs (sociaux, numériques, environnementaux) seront parmi les porteurs de ces démarches.

Ce kit est imparfait, soyez bienveillants et constructifs, nous apprécions les critiques (n'hésitez pas à participer à la discussion et poster un commentaire) :

  • Si vous trouvez des erreurs, voire des contresens, aidez-nous à les corriger ;
  • Si vous avez de meilleurs exemples, contribuez à la veille (et à la plateforme en ligne) ;
  • Si vous pensez qu’on peut aller plus loin, allons-y ensemble ;
  • Si vous pensez que le numérique ne peut pas tout, qu’il peut même faire des dégâts, nous aussi !

Ensemble, nous pouvons mieux qualifier la juste contribution du numérique aux stratégies locales, éviter les fausses pistes, libérer des potentiels.

Une démarche collective, de premiers constats, des difficultés à surmonter
Pour arriver à cette première production, nous avons mené un ensemble de rencontres et d’ateliers à Lille, Lyon, Lorient, Paris, Brest, avec de nombreux contributeurs très divers : qu’ils en soient remerciés (la liste des ateliers est en annexe). Parmi eux, plusieurs seront les premiers usagers de ce kit, constructeurs de démarches territoriales AgirLocal.

S'il s’agit d’un défi, c’est que c’est difficile. La plupart des acteurs du numérique que nous avons rencontrés ne connaissent à peu près rien de la Loi de transition énergétique (LTE) et ignorent ce qu’est un agenda 21 ou un TEPOS (territoire à énergie positive) ; et presque aucune stratégie numérique territoriale n’a d’objectifs environnementaux. Réciproquement, les acteurs de l’environnement cernent assez mal les enjeux et potentiels du numérique ou le réduisent le plus souvent à un ou deux leviers instrumentaux dans leurs domaines, eux-mêmes assez cloisonnés.

La bibliothèque n’est pas vide, elle est pleine de connaissances segmentées, porteuses de hautes technicités. Heureusement, parmi les acteurs et les experts, il y a des hybrides : ils aident à traduire, à y voir plus clair, à assumer la position de débutant dans laquelle chacun se trouve.

C’est difficile parce que c’est compliqué, qu’on se connaît mal, mais aussi parce que le doute est légitime : loin de tout solutionnisme, nous savons que le numérique fait aussi partie du problème. Les démarches locales devront aussi savoir fermer des portes, esquiver des fausses pistes séduisantes, mais pouvant s’avérer calamiteuses.

Qu’y a-t-il dans le kit ?
Tout d’abord, 5 chapitres thématiques, agrégeant la qualification des enjeux, des exemples extraits de notre veille et illustrant des possibilités, l’identification d’écueils et controverses, une proposition d’horizons. À chaque fois, il s’agit de comprendre comment réduire les intrants, réduire la demande, réduire les déchets ; et de qualifier les leviers numériques qui semblent actionnables.

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Schéma issu du poster Transitions² publié pour la COP21

Ces cinq chapitres n’en sont pas au même niveau de maturité : le champ de la mobilité est l’un de ceux que le numérique parcourt depuis longtemps, celui de l’énergie est (au moins du côté de l’électricité) riche de projets, promesses et incertitudes. Ceux qui parlent d’obsolescence et de proximité tiennent l’un et l’autre de l’"économie circulaire" et font des liens entre des initiatives de maturité inégale, mais dont les croisements nous paraissent fertiles. Nous avons aussi voulu parler de nature, de qualité de l’air, de biodiversité : si la COP21 s’est focalisée sur le climat, le numérique peut jouer un rôle dans d’autres domaines de l’environnement - et tente déjà de le faire. Enfin, dans le chapitre proximité, nous n’oublions pas l’empreinte écologique du numérique, fortement nourri par un autre défi de Transitions² (Ecology by Design), afin de se focaliser sur l’exemplarité que pourraient avoir les démarches territoriales, avec peut-être des victoires très accessibles à remporter.

La deuxième partie du kit se risque à la construction de démarches territoriales : par où commencer, qui mettre autour de la table, quel parti tirer du numérique, quels écueils surmonter, quels horizons dessiner. Il n’y a pas de territoire moyen : la densité de population, les enjeux d’enclavement ou de pollution automobile, l’accès aux ressources, le tissu d’acteurs et leur histoire dans les deux champs numérique et environnemental, tout diffère entre la ville qui essaie déjà de croiser smart city et ville durable (sans toujours y parvenir) et le bassin de vie qui cherche à activer ses circuits courts pour ne pas dépendre du lointain.

Le kit pourra aider à comprendre localement d’où l’on part et où l’on peut arriver. Parfois, il aboutit à comprendre ce qu’on ne sait pas, les éléments qui manquent au diagnostic de départ ; ou qui n’est pas là. Le succès de ces démarches sera avant tout celui des dynamiques qu’elles pourront fédérer.

 

Que pouvons-nous espérer ?

  • D’abord, une culture commune : tous nos contributeurs insistent sur l’importance de la médiation, de la formation, de la traduction. Là où nous pouvions penser qu’on nous parlerait d’abord plateformes et quincaillerie numérique, on comprend que la première ressource de ces stratégies, c’est la maturation collective des humains.
  • Ensuite, des effets de réseau : que les initiatives isolées fassent système, que les démarches locales s’articulent et jouent un rôle dans la recomposition de notre paysage d'ensemble
  • Du mouvement : une stimulation des innovateurs, une inspiration collective, qui permette à chacun de devenir acteur d’un futur désirable et soutenable. Un meilleur numérique, une innovation plus utile et sans doute plus frugale, un pouvoir d’agir renforcé.
  • Enfin, une quête de connaissances, la reconnaissance de ce que nous ne savons pas et qui mérite un effort de recherche, d’enquête, d’expérimentation.
 

 

Accédez au chapitre suivant du Kit AgirLocal :

 

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