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Open Conference #5 Agenda pour le Futur, 3 juillet 2018 2/2

Connaissance
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Compte-rendu de l'après-midi dédiée à la sobriété numérique et écologique

Open Conference #5 Agenda pour le Futur, 3 juillet 2018 2/2

A 14h, la plénière sur la sobriété numérique a débuté, et a été introduite par :

Françoise Berthoud, directrice du Groupement de Service EcoInfo (du début de la vidéo à 27"30)

Dirige un groupe au CNRS qui s'intéresse aux impacts du numérique depuis 2006.

Pourquoi a-t-on besoin d'un certain niveau de sobriété numérique ?

Plusieurs constats nous permettent de nous rendre compte de la situation actuelle :  

  • Vis-à-vis de nos dépenses d’énergie et de métaux : la croissance est exponentielle c’est-à-dire qu’elle dole tous les 10 ans pour l’énergie et 30 ans pour les métaux
  • Par ailleurs, on note une concentration des technologies : plus la concentration est faible, plus on a besoin d’énergie pour extraire les métaux par exemple; et le recyclage ne fait que décaler le problème sans le résoudre
  • Problématique d'impacts sociaux et politiques (affrontement au Chili pour l'accès à l'eau), et impact de la pollution : érosion des sols, pollution, etc.

Pour réduire la demande en métaux, la solution c’est la sobriété! Avec quelques recommandations :

  • arrêter de penser uniquement “énergie” : penser toutes les phases de cycle de vie et impacts, sinon transferts de pollution
  • penser le cycle de vie complet du système et impacts diversifiés (GES, métaux, toxicité)
  • réutilisation de composants anciens (beaucoup + efficace que recyclage)
  • intégrer les risques de rupture d'approvisionnement
  • ne pas induire de l'obsolescence indirecte des équipements "classiques" (devoir rééquiper sa maison quand on achète un Google assistant)


Le numérique a changé : inventons un numérique résilient, sobre, utile, durable, réparable et réutilisable, et qui soit résistant aux ruptures potentielles d'approvisionnement (énergie, eau, matériaux, composants, données)

Laetitia Vasseur, Halte à l'Obsolescence Programmée HOP a présenté l'association (27min30 à 43min40)

L’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) a été créée il y a 3 ans, son action vise à fédérer le plus grand nombre de personnes pour rendre les produits durables et réparables.

L’association a trois axes majeurs : techniques (hardwares, batteries, machines à laver), logicielle et esthétique. HOP a déjà déposé deux plaintes, contre EPSON et contre les Iphone.

Au-delà, nous essayons d'apporter des solutions : réemploi, réparation, sobriété.

Aujourd’hui, l’idée de production durable est un sujet non-existant, et l'impact du numérique et de l'obsolescence logicielle n'est pas abordé. Or des solutions existent, comme par exemple, l’affichage de l’indice de réparabilité de ses ordinateurs (mis en place par Darty) qui a poussé les fabricants à s'améliorer pour ne pas être mal classés.

On fait beaucoup de plaidoyer pour influencer les pouvoirs publics. On a milité pour que le logiciel fasse partie de la Feuille de Route de l’Economie Circulaire. Ce référentiel devrait pouvoir être généralisé à partir de 2020, même pour les travaux gouvernementaux.

 

Suivie de Fabrice Flipo, Institut Mines-Télécom Business School (de 43"40 à 99"40),

Retrouvez ses slides

Nous étudions le sujet de la sobriété depuis presque 10 ans.

Après un retour sur les différents constats, 3 avenirs possibles identifiés:

  • ceux qui restent sur IT for Green : dématérialisation, la technologie va nous sauver avec des acteurs mainstream
  • autre développement" : plusieurs possibilités se dressent, mais avec l’idée qu'on peut produire et consommer différemment : "ça marchera pas parce qu'on aura pas les technologies". c'est qualitativement différent : au niveau des jeux d'acteurs économiques cela change tout. les low tech c'est plutôt des outsiders. sur le solaire on l'a vu, le Fairphone aussi.
  • effondrement/décroissance du PIB/ sobriété: rupture de plus grande ampleur, voulue ou subie. effondrement y compris numérique. recherche sur la transition écologique : relocalisation. Effondrement involontaire, rupture de composants essentiels, ou alors rupture voulue de la part de minorité qui refusent l'utilisation du smartphone, ... une part de la population est dans cette démarche, pas négligeable.

 

Notre position vis-à-vis de ces 3 solutions dépend de notre position sociale ou de notre capital économique

 

Aurélie Pontal WWF

Parmi tous le acteurs présents aujourd’hui, si on diverge parfois sur les messages et les priorités, le consensus est le même : il faut faire avancer les choses. C’était le but notamment du livre blanc écrit avec l’IDDRI, WW, Fing, GreenIT, CNNum.

L’enjeu est de positionner WWF sur le numérique : notre action est de réconcilier l'homme et l'environnement, et d’être un facilitateur, pour faire connaître les bons outils et faire se rencontrer les bons acteurs ensemble.

Concernant la notion de sobriété : pour WWF, cela ne fait pas référence à quelque chose de négatif : cela n’est ni noir ni blanc : il ne faut pas créer d'opposition, il n’y a pas un support meilleur qu'un autre. WWF a lancé une étude, auxquelles 25 grandes entreprises se sont engagées à participer, dont la restitution se fera le 11 octobre : l’idée est de la porter dans la suite du livre blanc, dans le cadre d'un label peut-être. On a besoin de l'acteur public, pas seulement en matière de financement mais aussi en termes incitation.


 

Par ailleurs, Hugues Ferreboeuf du Shift Project est intervenu

Un groupe de travail a été lancé en avril 2017, moins à destination du grand public que des acteurs privés.

Plusieurs objectifs :

  • faire comprendre qu'il y a un sujet : il faut que les décideurs de ces entreprises intègrent la dimension sobriété. Il n'y a pas d'étude amont de l’impact environnement avant le lancement de nouvelles applis, voitures,... il faut que tous ces gens aient des outils à leur disposition (et aient été sensibilisés en amont)
  • avoir des outils simples, des connaissances, pour que le mainstream s'infléchisse le plus possible.

Le rapport final sortira à la rentrée et continuera avec un nouveau projet à partir de l'automne pour produire une étude sérieuse des études IT for Green.

 

Suivie de l’intervention des représentants du Club Green IT, dont Thierry Hanau)

 

Le Club Green IT est un club d'utilisateurs de grands entreprises, fédéré autour de Frédéric Bordage. Face à la difficulté de déployer la RSE dans leurs entreprises, les directions informatiques ont voulu mutualiser les bonnes pratiques et les productions, avec des entreprises sans intérêt financier lié au Green IT.

Le but : être porteur de bonne parole et pratiques sur un panel d'utilisateurs, plusieurs conférences.

Il a un vrai enjeu d’éducation pour rendre visible l’impact du numérique sur l’environnement, que beaucoup le voit encore comme virtuel et inexistant.

Exemples d‘actions:

  • politique sur les postes de travail, label pour les achats composé de 51 critères pour les ordinateurs par exemple (robuste moins énergivore, qui durent moins longtemps, etc.) qui permet de les garder 4 ou 5 ans. 
  • extinction des postes de travail la nuit pour 54 000 personnes: ont réussi à avoir 40% de gens en plus qui éteignent leur ordinateur le soir, cela fait économiser 1,5 million d'électricité par an.
  • Formation Green IT- certification : un label numérique responsable a été mis en place.

 

Puis de Anne-Louise Nègre et de Jacques-François Marchandise de la Fing

Anne-Louise a produit une infographie qui permet d'identifier quels problèmes, quels leviers, quelles solutions et quelles visions se cachent derrière l’idée de sobriété numérique. On lit cette cartographie en entrant par la gauche et en suivant les leviers, les solutions et les visions autour du cercle dans le sens des aiguilles d’une montre

 

Jacques-François Marchandise, délégué général de la Fing, a conclu la journée

On voit que le champ sémantique autour de la sobriété est très large. ce qui va nous intéresser c'est d'aller plus loin dans le cadre de pistes de recherche : est-ce qu'on raconte une alternative croissance/décroissance. quelles mesures ou dé-mesures? outiller des visions ? il y a quelque chose qui n'est pas négatif, dans la réappropriation de systèmes techniques qui nous échappent. Les contraintes de ressources il faut en tenir compte...

On entend aussi qu'au croisement entre transition énergétique et sobriété, se glissent les réseaux de demain, en forme décentralisée, avec de nouvelles architectures de réseau. Le but n’est pas forcément d’avoir beaucoup de données, mais des bonnes données.

 

Du côté de la Fing :

  • on continue à faire des actions de réseaux structurées par un agenda simple, 3 rencontres par an
  • on espère l'engagement d'actions plus fortes, des alliés et des moyens (avec des grands instituts de recherche)
  • publication de Question Numérique à la Fing "Reset quel numérique voulons-nous?" plutôt que de critiquer, est-ce qu'on arrive à trouver des marges de manœuvre ?

 

Merci à tous d'être venu à cette journée de Transitions².

Grâce à votre collaboration, l'Agenda du Futur est en cours de finalisation et vous le retrouverez très bientôt sur le site.

Très bel été !

 


 

 


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